Titre : 森林的彼方 (Au delà de la forêt)

Auteurs : 董祐董 (Tung You-feng) (1913-1943) et autres

De brefs poèmes sont quelquefois plus parlants que de longs romans, Ceux-ci, écrits en 1935 ou 1936 en chinois ou traduits du japonais, sont l’oeuvre d’écrivains reconnus ou bien de simples lecteurs des premières revues littéraires taïwanaises. Ils nous content le quotidien des Taïwanais, leurs joies, leurs soucis et leurs colères.

Ainsi prennent vie sous nos yeux une multitude de personnages pittoresques à l’image de leur époque : le besogneux ramasseur de camphre pleurant sur ses rêves de jeunesse mais se réconfortant en songeant qu’il contribue au progrès mondial (le Jardinier des camphriers 採樟腦的園丁 de Wu Kuncheng 吳坤成) ; la jeune paysanne vendue comme servante et son amoureux, robuste et courageux paysan, anéantis l’un et l’autre par cette brusque séparation (Rupture 離情 de Chen Meihsi 陳梅溪) ; le père de famille sans emploi n’osant rentrer chez lui soutenir le regard de sa femme malade et de ses enfants affamés (Affamés 餓 de Yang Shaomin 楊少民) ; les victimes d’un tremblement de terre (la Terre tremble 地動 de Yang Shaomin 楊少民) ; les jeunes gens contraints, faute de mieux et pour simplement survivre, à une vie de méfaits (Perdre la tête 無智 de Chen Hsiaohsi 陳笑溪) ; les parents assistant impuissants  à la mort lente de leur enfant faute de pouvoir lui acheter l’huile de foie de poisson prescrite par le médecin pour pallier à sa déficience en vitamine A (l’Enfant malade 病兒 de  Ye Tao 葉陶) ; le paysan pauvre ardu à la tâche qui ignorera toujours le goût des bons mets (Paysan 農夫 de Liu Huai 柳槐), etc. C’est toute la société taïwanaise qui s’anime devant nous. Et le poète Tung Youfeng de se mettre à rêver d’une société où la solidarité unirait les faibles à l’instar de ces minuscules fourmis qui sur leurs frèles pattes peuvent déménager le monde (Fourmis de Tung Youfeng 董祐鋒).

Ce recueil date de 1981. Les poèmes sont sélectionnés et présentés par deux auteurs contemporains, Yang Zichiao (羊子喬) et Chen Chianwu (陳千武). Dans un chapitre préliminaire, Yang Zichiao présente les origines taïwanaises, chinoises et japonaises de la nouvelle poésie taïwanaise (台灣新詩) qui fleurit à partir des années 1930 dans les pages littéraires des publications de cette époque, principalement le New People News (台灣新民報) et le Taiwan News (台灣新聞).

Le titre de cet ouvrage est emprunté au premier poème de ce recueil, poème de Tung Youfeng (董祐鋒).

 

 

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