Titre : 驚夢曲 (l’Ode du rêve surprenant) (Dream awakening song) (1985)

Auteure : 平路 (PING Lu) (1953~)

L’auteure reprend, dans un surprenant récit de science-fiction, le thème du déracinement, thème central de sa toute première nouvelle primée en 1983.

Imaginez que vous quittiez le Taïwan des années 80 pour y revenir un siècle plus tard. C’est là la malencontrueuse aventure survenue à un Taïwanais parti en voyage professionnel aux Etats-Unis. Sa femme et ses deux enfants devaient l’y rejoindre. Il leur avait promis la visite de Disney World. Pourtant victime d’un attentat terroriste en plein vol, il ne pourra tenir sa promesse.

Un siècle plus tard, les progrès de la science sont tels qu ‘ils permettront aux chercheurs de reconstituer physiquement et mentalement ce père de famille taïwanais à partir de son corps et surtout de son cerveau retrouvé sur les lieux où s’était écrasé l’avion. Recouvrant la mémoire et donc ses propres souvenirs, il sera dès lors confronté à une époque bien différente de celle connue dans les années 80, un monde politiquement unifié et économiquement divisé en vastes zones toutes spécialisées, l’Afrique se consacrant ainsi aux activités de production ou l’Asie à l’informatique. Notre Taïwanais désormais de chair et d’os ne se retrouve pas dans ce monde uniforme planifié, organisé et régenté de main de fer. Il décide de retourner à Taïwan. Il éprouve la nostalgie de ses villes aux constructions anarchiques, de ses rues animées, bondées, sales et bruyantes, ainsi que de ses compatriotes entreprenants, ambitieux et désordonnés. Hélas l’époque a bien changé et n’a pas épargné Taïwan. Quelle ne sera pas sa surprise de découvrir que son île est devenue un gigantesque Disney World attirant les charters du monde entier, un parc d’attraction propre, calme, parfaitement agencé et policé où les habitants se sont mus en gentils organisateurs au service des touristes.

Au travers de cette nouvelle, l’auteure porte un oeil critique sur le Taïwan des années 80 caractérisé par son développement anarchique et un enrichissement trop rapide bousculant les valeurs de la société traditionnelle taïwanaise.

Le titre est emprunté à une scène du Pavillon aux Pivoines (牡丹亭), pièce chinoise du XVIe siècle.

 

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