Titre : 拜訪糖果阿姨 [Visite à Tatie Bonbons] (2013)

Auteur : 伊格言 (Egoyan Zheng) (1977~)

Une nouvelle qui débute comme un conte pour enfants. Le conte un peu triste d’un Père Noël malade qui dans l’espoir de guérir disparaît dans la chaussette de Noël d’un petit garçon. Il ne reviendra pas et ne distribuera plus ses cadeaux mais la chaussette chantera à chaque Noël pour le petit garçon.

Ce jeune garçon, nous le retrouverons accompagné de son père sur des sentiers difficiles dans des paysages hostiles. Le pays, nous ne savons pas lequel, sort d’une longue guerre civile. Pour survivre nombre d’habitants s’étaient réfugiés dans un pays voisin dont nous ne connaissons que l’intiale, K. Nous nous prenons à nous attendrir devant la complicité du jeune père et de son enfant, fatigué par celle longue marche. Nous apprenons au long de ce périple que la maman, auteure de contes pour enfants, a sombré dans la folie durant la guerre. Allons grimpe sur mes épaules dit le père à son fils. Nous sommes bientôt arrivés chez Tatie Bonbons ajoute-t-il en montrant au loin un bâtiment austère et en serrant dans sa poche les chocolats qu’il prend toujours la peine d’emporter à chaque visite à cette Tatie Bonbons qui fait tout de même un peu peur au jeune garçon.

Le recueil – également intitulé Visite à Tatie Bonbons – renferme une dizaine de nouvelles portant souvent sur le thème de la solitude, de la maladie, de l’aliénation. J’ai particulièrement aimé la nouvelle 花火 [Hana-bi – Feux d’artifice], l’histoire de Petit K, jeune homme au crâne fraîchement rasé, la raison ne nous en sera livrée qu’en toute fin du livre, qui, lors d’un repas d’anciens camarades, rencontrera une ancienne petite amie. Les souvenirs resurgiront, ceux d’une vie commune d’étudiants oisifs et amoureux, de leurs ébats sexuels enflammés au rythme des miaulements des chats en rut et ceux des disputes de leurs pittoresques voisins dans ce grisâtre petit immeuble de trois étages si typique des constructions de Taïpei des années 60.

Une troisième nouvelle m’a également touché : 島上愛與死 [Amour et mort dans l’île]. L’auteur y aborde les thèmes de la terreur blanche à Taïwan, de l’emprisonnement et de la difficulté à communiquer entre  communautés « taïwanaise » et « chinoise » de l’île. Après des années dans les geôles du Kuomintang, le vieux Qi n’a pas su retrouver sa place dans la société ni dans sa famille, que ce soit auprès de ceux de son âge ou auprès de ses propres enfants qui lui sont devenus étrangers. Dans cette vie gâchée, un seul réconfort : la relation de confiance et d’amitié que lui l’intellectuel taïwanais avait fini par établir avec un de ses gardiens, le vieux Chao, son « ennemi », soldat illettré venu de Chine.  Le titre de cette nouvelle est emprunté à l’oeuvre de 施明正 (Shi Mingzheng) parue en 1983.

L’auteur, dont les oeuvres ont été couronnées de nombreux prix littéraires, a suivi successivement des études de psychologie, de médecine puis de lettres dans les universités taïwanaises. Il fut également artiste en résidence, notamment à Hong Kong et en Allemagne. De son vrai nom Zheng Qian-ci (鄭千慈), il choisit en chinois et en anglais le pseudonyme de Egoyan en hommage au cinéaste canadien Atom Egoyan.

 

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