Titre : 庭院深深 [Profond est le jardin] (1969)

AUTEURE : 瓊瑤 (CHIUNG YAO) (1938~)

Après deux pavés sur l’histoire de Taïwan, une lecture-détente s’imposait pour reprendre souffle. Profond est le jardin s’est avéré le bon choix et confirma mon goût pour les romans de Chiung Yao. Pour une présentation de l’auteure, se référer aux notes sur le roman Feu et pluie (湮雨濛濛).

Profond est le jardin est bien sûr une romance. Rien n’y manque, ni Cendrillon, ni le prince charmant, ni la belle-mère acariâtre. On y trouve même une bromance avant la lettre avec la présence du BFF, un temps soupçonné de trahir la belle amitié qui le lie au prince charmant. Mais Profond est le jardin est aussi, en dépit de ces aspects très Walt Disney, une romance chinoise.

Notre héroïne, Chang Han-yen (章含煙) jeune ouvrière travaillant au séchage du thé, s’évanouira victime de la chaleur et ne retrouvera ses esprits que dans les bras du jeune et beau patron de l’usine, Po Pei-wen (柏霈文). En naîtra une idylle malheureusement contrariée par le passé trouble de la jeune fille. Dispute, rupture, pardon et réconcilation. L’amour l’emportera mais ne survivra pas à la haine professée par une belle-mère courroucée par cette mésalliance. Chang Han-yen, désormais mère d’une petite fille, choisira d’abord de subir en silence puis de mettre fin à ses jours plutôt que d’ébranler l’immense respect et le profond amour que nourrit Po Pei-wen pour sa mère. Po Pei-wen ne se remettra pas de la disparition de sa femme. Devenu aveugle dans l’incendie accidentel de sa demeure, il en hantera les ruines à la poursuite du fantôme de Han-yen. Fantôme qui dix ans après le drame semblera ressurgir sous les traits d’une jeune institutrice se prenant d’affection pour la petite fille …

Chiung Yao possède à l’extrême l’art du suspens et la maîtrise des rebondissements. Les innombrables péripéties, les constants revirements de situation nous tiennent en haleine, quitte à agacer. Et, jusqu’aux toutes dernières pages, nous douterons encore du happy ending tant désiré.

Chiung Yao excelle également dans la description psychologique de ses personnages. Elle nous décrit une Chang Han-yen pure, fière, entière, prête au sacrifice ultime au nom de l’amour et de l’engagement donné. Face à elle, un Po Pei-wen passionné, intelligent mais faible. Produit de son éducation, il se laisse ébranler dans ses sentiments par l’idée qu’on lui a inculquée de la morale et d’un respect filial confinant à une obéissance absolue pour sa mère. Celle-ci est le troisième personnage essentiel de ce roman ; tout en duplicité, elle est passée maître dans l’art de la torture psychologique.  En fait, en bien ou en mal, les femmes sont toujours les plus fortes sous la plume de Chiung Yao.

Profond est le jardin comme de nombreuses autres oeuvres de Chiung Yao a fait l’objet en 1971 d’un film dont le titre anglais était You can’t tell him et en 1987 d’une adaptation télévisée intitulée en anglais Deep Garden.

 

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