Titre : 湮雨濛濛 (Feu et pluie) (1964)

Auteure : 瓊瑤 (Chiung Yao) (1938~)

Chiung Yao est originaire de la province du Sichuan en Chine. Sa famille s’installa à Taïwan en 1949 lors de la débâcle des armées de Chiang Kai-shek. Elle est certainement la première écrivaine de romans d’amour de langue chinoise, une auteure prolifique et précoce – premier roman à l’âge de 16 ans – dont les ouvrages firent l’objet d’une centaine d’adaptations cinématographiques. Feu et pluie a été traduit en anglais, en danois, en néerlandais et en vietnamien. Feu et pluie est d’ailleurs le titre donné à ces différentes traductions ainsi qu’aux adaptations cinématographiques alors que le titre chinois signifie littéralement « pluie brumeuse ».

Yi-ping, l’héroïne du roman, est la fille d’un ancien seigneur de la guerre de la province du Heilongjiang dans le nord-est de la Chine. Il s’est réfugié, à l’image de la famille de l’auteure, à Taïwan en 1949. Il eut jusqu’à neuf concubines mais il ne lui reste que les deux dernières. Les manigances de la neuvième le contraindront à chasser de sa demeure Yi-ping et sa mère, huitième concubine. Mère et fille seront ainsi condamnées à une vie de misère contrastant fort avec l’opulence dont jouit la dernière épouse. Dès lors Yi-ping n’aura de cesse de se venger de cette injustice et du mépris professé à son égard par la neuvième concubine et ses enfants. Sa vengeance sera cruelle ;  elle-même n’en sortira pas indemne mais elle aura appris à decouvrir la vraie nature de ce père pourtant si abhorré.

L’oeuvre de Chiung Yao semble avoir été souvent critiquée à l’instar de toute littérature de romance populaire (通俗愛情) destinée à un public essentiellement féminin, voire  comme cela m’a été rapporté, aux ouvrières de Kaoshiung (高雄女工) ! Cela n’échappe sans doute pas à l’auteure qui met dans la bouche de son héroïne interrogée sur ses goûts littéraires les mots suivants : « j’aime lire les romans qui me donnent l’envie de poursuivre ma lecture, je n’aime pas ceux que je lis sans comprendre … La lecture de romans n’est-elle pas un loisir et non une besogne ? … Je suis quelqu’un qui aime lire les romans et non les étudier. »

Feu et pluie se lit effectivement d’une traite. La lecture en est toujours reposante ; nul besoin de se creuser les méninges sur des questions d’ordre sociologique, politique ou économique, il n’y en a pas. Seuls importent les sentiments de Yi-ping, son désir morbide de vengeance, les situations mélodramatiques qui en découlent et, finalement, les larmes que verseront les lectrices, ou les lecteurs.

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