Titre : 白色巨塔 (l’Hôpital) (1999)

Auteur : 侯文詠 (Wen-Yeong HOU) (1962~)

L’auteur, médecin interniste et anesthésiste, a dirigé les services d’anesthésie de deux grands hôpitaux de Taïpei. Il enseigna également en qualité de professeur associé à l’Université médicale de Taïpei. Brillant médecin, il s’est imposé également comme un talentueux écrivain récompensé par de nombreux prix littéraires. Il a d’ailleurs cessé toute activité médicale pour se consacrer à l’écriture.

« The Hospital », titre anglais inscrit en couverture de l’édition chinoise (le titre chinois signifie littéralement « la Tour blanche géante ») est certainement le plus grand succès de Wen-Yeong Hou. Ce roman dont l’action prend place dans un grand hôpital de Taïpei se lit comme un thriller tout en suspens et rebondissements. L’auteur dresse un tableau cruel du milieu hospitalier : sur fond de conflits parfois violents, de rivalités entre collègues (« écrase les autres si tu ne veux pas être écrasé à ton tour »), entre services médicaux, entre cliques soumises au despotisme de médecins chefs, ou encore de heurts entre patients et médecins, l’auteur traite de la dureté d’un métier fort prenant et épuisant et de l’apreté des relations de subordination. Ces « mandarins » taïwanais sont décrits comme vénaux, vils, arrivistes, lâches et souvent dotés d’un ego démesuré. Certains toutefois, mus par une vocation réelle, refusent de jouer ce jeu pervers et se donnent à leurs patients quitte à mettre en péril leur avancement professionnel.

Outre cette constante lutte pour dominer ou simplement pour survivre professionnellement, deux grands thèmes se détachent particulièrement de ce roman : tout d’abord celui de l’argent, que ce soit les dessous de table issus de la collusion entre milieu hospitalier et sociétés médicales privées ou encore les « enveloppes rouges », ces « bakchichs » remis par les patients au chirugien ou à l’anesthésiste avant une opération. Le deuxième thème est celui de l’accident médical, que cet accident soit ou non dû à une erreur médicale. Comment faire face à la colère et à l’incompréhension de la famille des malades sans faire porter une responsabilité financière ou pénale souvent injuste aux médecins ?

« L’hôpital » n’est pas un livre technique ni même une oeuvre critique ou polémique. C’est un véritable roman à l’écriture agréable et à la lecture aisée, à condition de survoler bien vite les nombreux termes médicaux. On ne reste pas insensible à ces personnages – trop nombreux peut-être – dont l’auteur nous fait partager, à côté d’une vie professionnelle mouvementée, la vie personnelle et familiale, les amours et chagrins, les amertumes et désirs secrets.

A propos, quel est le prix d’une enveloppe rouge remise à un chirugien ou un anesthésiste ? L’auteur nous annonce – en 1999 année de parution de son roman — 66 000 NTD pour le premier et 30 000 NTD au minimum pour le second ! Et si vous ignorez le « cours » de l‘enveloppe rouge dans l’hôpital ou vous vous trouvez, demandez au marchand de fruits de la galerie marchande de l’hôpital. C’est lui qui glisse cette enveloppe dans le coffret-cadeau de fruits offert au chirugien. Il connait le prix de chacun… Les choses ont toutefois bien évolué – même si les enveloppes rouges n’ont pas totalement disparu – depuis l’instauration de la sécurité sociale à Taïwan.

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