Titre : 等侯室 (la Salle d’attente) (2013)

Auteure : 鄒永珊 (Tsou Yung-Shan) (1975~)

Un roman qui nous mène bien loin de Taïwan, en Allemagne, à Berlin. C’est une longue narration et réflexion sur le thème de l’identité, de l’enracinement, du « chez soi », être d’ici ou d’ailleurs ou, comme le dit un des personnages, n’être ni d’ici, ni de là-bas, mais être « entre » ici et là-bas.

Hsu Ming-chang, notre personnage principal et quasiment seul lien avec Taïwan, a échoué en Allemagne par les hasards du mariage avec une jeune Taïwanaise germanophone. Leur union ne résista pas au déracinement. Lui, faible de caractère et passif, se referma sur lui-même laissant à sa jeune femme le soin d’affronter seule le monde extérieur, les formalités administratives, les difficultés inhérentes à un nouvel environnement professionnel et les tâches quotidiennes.

Désormais divorcé,  Hsu Ming-chang quittera Munich pour Berlin plutôt que Taïpei. Rentrer seul au pays et renouer avec sa famille, ses amis, l’aurait mis face à l’échec de sa vie conjugale. Débute alors une longue errance intérieure à la recherche si ce n’est de racines tout au moins d’un chez soi, ce chez soi qu’il a perdu avec la disparition du foyer conjugal. Solitaire, sa vie contenue dans une simple valise, il erre de salle d’attente en logement provisoire, de logement provisoire en laverie, sans réel contact humain.

Durant la quête de lui-même, Hsu Ming-chang croisera sans vraiment les rencontrer d’autres personnages, également en quête d’une vie. Il en est ainsi de Madame Meyer, l’employée des visa, ancienne hippy dont la vie se résume à un travail administratif déshumanisé et dont les seules sorties sont les visites à sa mère en hospice ou hospitalisée; il en est ainsi également de la mère de famille biélorusse émigrée en Allemagne et sans trop d’espoirs de retrouver sa vie à Minsk.

Hsu Min-chang fera toutefois deux rencontres plus lumineuses : Christian un jeune punk dessinateur de graffitis et, plus tard Christiana une jeune artiste turco-allemande. Avec eux, Hsu Ming-chang apprendra que chacun à sa propre conception du chez soi et que c’est à chacun de créer, d’imaginer celui-ci.

Ce livre a été traduit en français et une excellente présentation en a été faite dans Lettres de Taïwan. On y trouvera également un entretien avec l’auteure.

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