Titre :兩個油漆匠 [Les deux peintres en bâtiments] (1971)

Auteur : 黃春明 (Huang Chunming) (1935~)

Cette nouvelle de Huang Chunming nous relate un aspect très socio-économique du Taïwan des années 70 en pleine croissance, l’exploitation de deux jeunes prolétaires venus de leur campagne dans l’espoir de trouver des jours meilleurs en ville.

Ali et Houzi (猴子, singe) sont originaires du même village qu’ils ont tous deux quitté pour des raisons économiques et familiales. Devenus peintres en bâtiment, ou plus exactement peintres « sur » bâtiment puisqu’ils peignent les immenses affiches publicitaires qui couvrent les façades des grands immeubles modernes, ils n’ont fait finalement qu’échanger une misère pour une autre, plus insupportable encore dans la solitude des grandes villes. Mais pour rien au monde, ils ne feraient le chemin inverse, leurs familles et le village tout entier fondant tant d’espoirs sur leur réussite.

Cette fois-ci, Ali et Houzi se sont vu confier une tâche délicate, la poitrine de la star VV dont l’image publicitaire convrira un immeuble de 24 étages, une première ! Dans leur nacelle, chacun se concentre à sa manière. Insouciant, Houzi chantonne. Ali, assailli de doutes sur son travail, sa vie, son avenir, demeure morose. A la fin de la journée, plutôt que de redescendre, ils décident l’un et l’autre de grimper tout en haut sur les derniers échafaudages profiter de la vue et griller une cigarette. Mal leur en a pris ! Ce qui parut faussement être une tentative de suicide allait se terminer en drame réel malgré — ou en raison de — l’intervention de la police, des pompiers, d’un psychologue et des télévisions nationales. Non seulement personne ne sera capable de comprendre la réelle détresse de ces deux jeunes travailleurs victimes du boum économique et de la croissance urbaine mais surtout toutes les charitables tentatives de leur apporter de l’aide ne feront que définitivement jeter le désarroi dans leur esprit.

Au bout du compte, l’insouciant Houzi, a-t-il chuté ? S’est-il suicidé ? Ou bien est-ce le regard d’incompréhension et de mépris jeté sur lui par la société qui l’a poussé à la mort, sous les yeux d’Ali, prosterné en position fœtale sur son frêle échafaudage ?

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