Titre : 嫁妝一牛車 [un char à bœuf pour dot](1967)

Auteur : 王禎和 (Wang Zhenhe) (1940~1990)

Le titre anglais du film tiré de ce roman ainsi que de la traduction anglaise à laquelle participa l’auteur est « an oxcart for a dowry ».

Wang Zhenhe s’inscrit dans le mouvement dit de littérature de terroir ou littérature nativiste. Cependant dans cette période d’après-guerre, il n’est plus question de s’élever contre la colonisation. La critique est politique, économique et sociale. Sous la plume de Wang Zhenhe, ce sont les petites gens qui font les frais d’une ironie acerbe.

Wanfa, à demi-sourd suite à une otite soignée, il est vrai, par un gynécologue, nourrit tant bien que mal sa famille en transportant des marchandises pour les habitants du village sur un char à bœuf qu’il loue à un paysan. Wanfa a toujours connu la misère. Son mariage avec Ahao n’a pas arrangé sa situation financière. Ahao n’a-t-elle pas hésité à vendre ses trois filles pour payer ses propres dettes de jeu ?

La situation financière de Wanfa va toutefois s’améliorer avec l’arrivée dans le voisinage d’un dénommé Jian ; célibataire relativement aisé, venu de la lointaine ville de Lukang et colporteur de vêtements. Jian dont l’auteur nous fait une description peu séduisante – sale, puant, les aisselles habitées de teignes – s’intéresse à Ahao, pourtant plus âgée et dont le portrait n’est pas plus flatteur.

Wanfa déjà à demi-sourd va devoir apprendre à fermer un œil sur les relations entre sa femme et Jian. Ce dernier finira d’ailleurs par s’installer sous son toit mais Wanfa désormais propriétaire de son propre char à bœuf judicieusement offert par Jian fermera définitivement le deuxième œil et laissera une fois par semaine le champ libre à son concurrent. Quant aux réflexions ironiques et désagréables des villageois, peu importe, il ne les entend pas !

C’est une description sans pitié que nous livre Wang Zhenhe de ces petites gens de Taïwan vivant dans la misère. Sales et laids, ils n’ont aucune moralité et ravalent leur dignité pour quelques sapèques. On nous rassure toutefois : Wang Zhenhe, lorsqu’il n’écrivait pas, manifestait une réelle sympathie pour ses compatriotes dans le besoin.

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