Titre : 魯冰花 [Fleurs de lupin] (1961)

Auteur : 種肇政 (Chung Chao-cheng) (1925~)

魯冰花 est l’autre nom chinois de 羽扇豆, une espèce de plantes appelées lupins en français et dull ice flowers en anglais. C’est sous ce titre de « Dull ice flower » qu’est paru le film tiré de ce roman en 1989. Les petites fleurs jaunes de cette plante fréquente sous les théiers meurent prématurement mais viennent fertiliser le sol.

L’histoire se passe dans les années 50, 60. Tous les ingrédients sont réunis pour composer un heureux récit champêtre des temps modernes : une école primaire de campagne, un jeune étudiant en beaux-arts en remplacement temporaire du professeur de dessin, un jeune élève appelé Ah Ming, fils d’un petit cultivateur de thé et peintre de génie en herbe. Ah Ming à qui l’on doit ainsi un tableau représentant un chien vert croquant la lune a su garder la candeur, l’innocence  et l’imagination de son âge. N’oublions pas deux jeunes et belles institutrices qui ne demeurent pas insensibles aux charmes du bel étudiant venu de la ville. Certes les rivalités semblent nombreuses en particulier entre les professeurs de générations différentes mais de là à imaginer une fin malheureuse, non ! on s’attend plutôt à la consécration du jeune Ah Ming.

C’est sans compter sur le destin que le père d’Ah Ming fataliste rend seul responsable de tous ses malheurs (就是命!)… Ah Ming connaîtra le sort des fleurs de lupin, sa disparition prématurée viendra réveiller et féconder la petite société rurale où il vécut ses trop courtes années.

L’auteur au travers de cette poignante histoire questionne la société taïwanaise. Il s’interroge sur son système éducatif, sur la place laissée à la créativité dans l’épanouissement des élèves. Il dresse également un tableau sans complaisance des inégalités sociales entre paysans pauvres et paysans riches. Quelques coups de griffes n’épargnent pas la structure familiale traditionnelle et la soumission des jeunes filles à l’autorité paternelle. Enfin, l’auteur nous livre une description acerbe des élus et notables locaux.

Ce roman est l’oeuvre de Chung Chao-chung dont nous avons déjà présenté la trilogie « les Taïwanais ». « Fleurs de lupin » se lit toutefois beaucoup plus facilement que cette imposante suite historique.

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