Titre : 臺灣人三部曲三:插天山之歌 [Trilogie « les Taïwanais », tome 3 « le chant du mont Chatien »] (1973)

Auteur : 鍾肇政 (Chung Chao-cheng) (1925-)

Lou Zhi-xiang (陸志驤) est le héros de ce troisième tome. Nous sommes en 1943. De retour du Japon où il a suivi de brillantes études mais s’est aussi compromis avec des mouvements taïwanais considérés par les Japonais comme subversifs, Zhi-xiang risque d’être arrêté dès qu’il mettra le pied sur le sol de son île natale. Il devra à un naufrage au large de Keelung d’échapper au policier qui le suit depuis Tokyo. Ce récit n’est autre que celui de la fuite de ce jeune héros taïwanais pendant près de deux ans. De montagne en montagne, de guérite en guérite (voir la note ci-dessus sur la « ligne de garde »), il réussira à échapper à la poursuite de l’obstiné détective japonais jusqu’au jour où …, mais ne livrons pas la fin de cette histoire, bien qu’elle soit fort prévisible en cette période si proche de la reddition japonaise.

Ce livre pourra décevoir les curieux de l’histoire coloniale japonaise à Taïwan. Les Japonais sont moins présents dans ce dernier tome que dans les deux précédents. Certes l’effort de guerre imposé à la population et le « volontariat » requis des jeunes gens nous rappellent à chaque page la misère dans laquelle vit le peuple taïwanais. Et c’est cette vie du petit peuple que nous narre l’auteur. Après une époustouflante narration du naufrage où Zhi-xiang faillit périr, Chung Chao-cheng nous fait découvrir la vie des pauvres pêcheurs d’un village côtier du Nord de l’île. Nous suivrons ensuite notre jeune héros partager le dur quotidien des ramasseurs de camphre, cette activité si propre à Taïwan qui allait bientôt connaître son déclin.

Vient ensuite une longue description fort détaillée – qui sans doute n’intéressera que certains lecteurs passionnés – de la pêche à l’anguille des marais. Même les techniques de l’agriculture de montagne n’échappent pas à l’auteur contribuant à faire de cet ouvrage une remarquable étude ethnologique de la vie des paysans pauvres de Taïwan en cette moitié du 20e siècle.

Le dernier tome de cette passionnante mais difficile trilogie consacrée à la colonisation japonaise de Taïwan se termine avec l’annonce de la reddition japonaise rendant à Taïwan l’espoir de redevenir – ou enfin devenir ? – maître de son destin.

Note à propos de l’industrie du camphre et de la « ligne de garde ». Avec l’invention en 1870 du celluloïd, première matière plastique artificielle trouvant de nombreux emplois dans l’industrie, dont la fabrication des pellicules de film autrefois si dangereusement inflammables, le camphre, composant essentiel de ce celluloïd, va devenir une matière fort recherchée dans le monde entier. Taïwan en est le premier producteur, devant le Japon et la Corée. Afin d’encourager la production de camphre, La dynastie Ching puis les Japonais vont chercher à protéger les zones montagneuses des attaques des aborigènes de ces mêmes régions. Vont donc être installés des postes de garde (隘寮) formant une ligne de protection sur la crête des montagnes du Nord au Centre de l’île, la « ligne de garde » (隘勇線). C’est successivement dans deux de ces guérites abandonnées que Lou Zhi-xiang, le jeune héros du troisième volume, trouvera refuge pendant plusieurs mois. À partir du milieu du XXe siècle le camphre, remplacé par le triacétate de cellulose, perdra son intérêt industriel.

Article sur la « ligne de garde » : http://blog.xuite.net/…/55636198-%E5%BE%9E%E3%80%8C%E9…

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