Titre : 臺灣人三部曲一:沉淪 [Trilogie « les Taïwanais », tome 1 « l’effondrement »](1967)

Auteur : 鍾肇政 (Chung Chao-cheng) (1925-)

Il s’agit du premier tome de la trilogie « les Taïwanais » de Chung Chao-cheng, considéré comme l’un des pères de la littérature taïwanaise. Ce premier tome prend place en 1895 à l’arrivée des Japonais désormais maîtres de l’île grâce au traité de Shimonoseki. Le deuxième tome nous mènera en 1915 alors que l’occupation japonaise est devenue un fait et rythme la vie quotidienne de la population. Enfin le troisième tome, dont l’action se déroule en 1943, sonnera le glas de cette occupation dans le contexte de la guerre du Pacifique. Cette trilogie relate donc l’histoire de 50 ans de colonisation japonaise en en illustrant trois périodes différentes : début, milieu et fin.

L’année 1983 semble être donnée comme date de parution des trois tomes; toutefois selon la postface de 魯冰花 un autre ouvrage de Chung Chao-cheng, la trilogie les Taïwanais aurait été écrite en dix ans, de 1964 à 1974.

Nous retrouverons tout au long de cette oeuvre monumentale la même famille, les Lou (陸), véritable clan familial fondé au XVIIe siècle à l’arrivée à Taïwan du père fondateur fuyant la misère chinoise. Ce premier Lou, par son travail acharné, mettra en friche de nombreuses terres – prises aux aborigènes de l’île, ne nous le cachons pas – et jettera les bases de la prospérité des générations à venir. Prospérité éphémère toutefois puisqu’elle ne survivra pas aux confiscations par les Japonais en représailles à la résistance armée de ce courageux clan familial taïwanais.

Le premier tome débute avec l’annonce de la cession de Taïwan au Japon par la Chine. Les interrogations quant au futur de l’île font très vite place à une profonde inquiétude et à la volonté de résister. Ce premier tome est donc la narration du recours aux armes des Taïwanais pour tenter de repousser l’envahisseur nippon, dans un combat forcément inégal. Chung Chao-cheng fait un véritable travail d’historien nous décrivant la famille, son organisation, son habitat, le rôle des anciens, celui des femmes, les traditions (anniversaire du chef de famille et spectacle donné en son honneur), la culture et le ramassage du thé, sans oublier les rivalités amoureuses – joutes de chansons pour séduire leur belle – des vaillants jeunes gens du clan. Bien entendu une partie importante de ce premier tome est consacrée à la préparation à la guerre de resistance, aux principaux protagonistes, souvent des personnages historiques, à l’armement et aux stratégies que tentent de mettre en oeuvre ces valeureux patriotes. En vain et pour quelques-uns d’entre eux au péril de leur vie.

Je n’ai pas trouvé de traduction officielle des titres de ces trois volumes. J’ai préféré pour le premier le terme d' »effondrement » à celui de « naufrage » qui pourrait au prime abord venir à l’esprit, cela afin d’éviter une confusion avec le troisième volume qui lui débute par la remarquable narration d’un naufrage au large du port de Keelung en 1943.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s