Titre : 家變 [Catastrophe familiale] (1972)

Auteur : 王文興 (Wang Wen-hsing) (1939-)

Ce livre est considéré comme un ouvrage essentiel de la littérature de langue contemporaine chinoise. Son originalité tient à la créativité linguistique de son auteur. Locuteur non natif, il m’est difficile d’en juger, cette créativité ayant été surtout une source de difficultés de lecture : recours à des caractères anciens disparus, associations inhabituelles de caractères ou même création de nouveaux caractères (que d’ailleurs la version électronique est incapable de rendre et ne peut que, très lourdement, signaler par des explications entre parenthèses). L’emploi des pronoms « il », et « elle » ne m’a jamais semblé porter à confusion dans les textes chinois qu’il m’a été donné de lire, et pourtant l’auteur de « Catastrophe familiale » y recourt de manière si confuse (un peu, si je puis me permettre une telle comparaison, à l’image de Marguerite Duras dans « l’Amant ») qu’il se croit obligé de préciser à qui font référence ces pronoms. En somme un texte écrit dans un chinois fort déroutant.

Quant à l’histoire, c’est celle de la recherche par un fils de son père, disparu du jour au lendemain. Il (le fils, pas le père) se remémore au long de cette quête sa personnalité (du père, pas du fils) et les relations distantes et conflictuelles que celui-ci (le père) entretenait avec ses deux fils et sa femme. Beaucoup de lucidité, de ressentiment, de déception mais aussi de l’affection à l’égard de ce père, petit fonctionnaire, homme de peu de qualité, mesquin, mauvais mari et père égoïste et malgré tout potentat familial dans la bonne tradition chinoise.

Du point de vue historique, ce roman illustre la vie des petits fonctionnaires venus de Chine après 1945 et tentant avec beaucoup de difficultés de se faire une place, dans un milieu taïwanais souvent hostile en une période où la misère était souvent la seule chose qui rapprochait ces « Continentaux » des « Taïwanais ». L’auteur est lui-même né dans la province chinoise du Fukien. C’est en 1946 à l’âge de sept ans qu’il suivit ses parents à Taïwan.

Note : j’ai traduit le titre chinois par « Catastrophe familiale » me conformant ainsi à l’édition anglaise de ce roman : « Family catastrophe ». J’ai découvert ensuite qu’il existait une traduction française intitulée « Processus familial » (traduction de Camille Loivier, Actes Sud, 1999).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s